En vingt ans, le regard porté sur l’enfant a profondément évolué. Non parce que l’enfant serait devenu différent, mais parce que nous disposons aujourd’hui de connaissances bien plus fines sur son développement, sur le fonctionnement de son cerveau et sur ses besoins fondamentaux, de la petite enfance à l’adolescence.
Ces évolutions ne sont pas le fruit d’une mode éducative. Elles s’appuient sur des travaux scientifiques solides, largement diffusés depuis les années 2000, et sur une meilleure articulation entre recherche et pratiques de terrain.
Il y a encore vingt ans, de nombreux comportements d’enfants étaient interprétés comme des actes intentionnels : opposition, provocation, manque de volonté.
Cette lecture reposait sur une idée implicite : l’enfant pourrait obéir, mais ne voudrait pas. Les recherches en psychologie du développement ont progressivement déconstruit cette vision. Elles montrent que les capacités de contrôle, d’anticipation et de régulation ne sont pas innées, mais se construisent lentement, au fil de la maturation cérébrale et des expériences relationnelles. Aujourd’hui, de plus en plus d’adultes découvrent cette distinction essentielle : ce n’est pas que l’enfant ne veut… c’est qu’il ne peut pas encore.
Ce regard scientifique ne supprime pas le cadre éducatif. Il invite par contre à l’ajuster au niveau réel de développement de l’enfant et de comprendre que la sécurité affective est un besoin développemental fondamental, pour tous les enfants et aussi les adolescents.
Car notre regard porté sur l’adolescence a sans doute été l’un des plus transformés ces vingt dernières années. Les recherches en neurosciences, notamment celles sur la maturation du cortex préfrontal (popularisées par des auteurs comme Daniel Siegel), ont montré que le cerveau adolescent traverse une période de remaniement intense. L’opposition, la prise de risque ou le besoin d’autonomie ne sont plus seulement interprétés comme des provocations, mais comme des manifestations d’un développement neurologique en cours. Comprendre cela ne banalise pas les difficultés, mais évite de réduire l’adolescent à une posture de mauvaise volonté.
Un autre apport majeur des vingt dernières années concerne la compréhension du stress. Les travaux en neurosciences affectives ont montré que le stress chronique – lorsqu’il dépasse les capacités de régulation de l’enfant – altère temporairement ou durablement certaines fonctions cérébrales, notamment l’attention, la mémoire et l’autorégulation. Cela explique pourquoi un enfant stressé a souvent plus de mal à se concentrer, à coopérer ou à respecter des règles.
Ces apports convergent vers une idée aujourd’hui largement partagée : le comportement de l’enfant est un langage neuro-développemental. Il renseigne sur son
état émotionnel, son contexte relationnel, ses ressources disponibles à un instant donné. Ce regard ne nie ni la responsabilité ni le cadre. Il permet une lecture plus fine, moins culpabilisante, et surtout plus efficace sur le long terme.
Ces évolutions scientifiques ont accompagné un mouvement sociétal plus large :
l’enfant est désormais reconnu comme une personne à part entière, dont le développement mérite protection, compréhension et accompagnement.
La Convention internationale des droits de l’enfant, conjuguée aux avancées scientifiques, a renforcé l’idée que l’éducation ne peut se penser sans tenir compte du développement réel de l’enfant, de ses besoins et de sa vulnérabilité.
En vingt ans, le regard porté sur l’enfant est passé : d’une lecture morale à une lecture développementale, d’un enfant à corriger à un enfant à accompagner, d’attentes abstraites à des repères fondés sur la connaissance du cerveau et du développement.
Ce changement de regard ne rend pas l’éducation plus simple. Il la rend plus exigeante et complexe, car il demande aux adultes de se former, de s’informer et d’accepter la complexité du développement humain.
Nos formations s’adressent à tous les professionnels souhaitant :
→ développer une posture éducative respectueuse et ajustée,
→ mieux comprendre les besoins de l’enfant derrière les comportements,
→ affiner leur écoute et leur manière d’intervenir auprès des parents sans jugement ni culpabilisation.
Elles offrent des clés concrètes, des outils d’animation et des apports théoriques essentiels pour intervenir avec justesse sur des sujets sensibles comme celui-ci.
Les compétences psychosociales (CPS) sont un ensemble d’habiletés cognitives, émotionnelles et sociales que nous mobilisons pour faire face aux exigences de la vie quotidienne, réguler nos émotions, résoudre des problèmes et entretenir des relations positives. Cela représente par exemple la conscience de soi, la régulation émotionnelle, la capacité à communiquer, l’empathie et la résolution de problèmes. Le développement précoce de ces compétences chez l’enfant favorise un meilleur bien-être, une meilleure réussite scolaire et des relations familiales plus harmonieuses.
Pour un parent, promouvoir les CPS chez son enfant revient à l’accompagner dans l’apprentissage de compétences de vie – et en parallèle, à renforcer ses propres compétences parentales, ce qui crée un cercle vertueux. Les programmes d’éducation parentale et d’intervention précoce montrent qu’un soutien ciblé aux parents améliore non seulement le bien-être parental mais aussi l’adaptation émotionnelle et comportementale des enfants.
Parce que nos enfants apprennent d’abord par imitation et par interaction. Les parents qui montrent des stratégies de régulation émotionnelle, une communication assertive (c’est à dire exprimer ses opinions, ses besoins et ses émotions de manière claire, directe et respectueuse sans agressivité ni passivité) et une résolution de problèmes structurée fournissent un modèle que l’enfant pourra intégrer. Les environnements familiaux favorables (routines, soutien émotionnel, règles explicites) offrent des occasions répétées de pratiquer ces compétences. Ces mécanismes sont documentés dans la littérature sur le développement social-affectif et la promotion de la santé mentale.
Ensuite, les CPS protègent contre les risques et favorisent la résilience. Des compétences comme la régulation émotionnelle, l’aptitude à résoudre des problèmes et l’estime de soi servent de facteur de protection face aux situations stressantes (conflits, transitions scolaires, événements de vie). Les politiques de santé publique qui intègrent le développement des CPS visent à renforcer la résilience individuelle et communautaire.
Enfin, les interventions parentales ont fait leurs preuves ! Revues et guides montrent que les programmes de formation parentale (par ex. programmes fondés sur l’attachement, programmes psychoéducatifs) sont efficaces pour améliorer les comportements parentaux et, secondairement, les compétences socio-émotionnelles des enfants. Des revues identifient des effets positifs, particulièrement lorsque l’intervention est structurée, interactive et inclut des éléments pratiques (jeux de rôle, pratiques à la maison, coaching).
Pour faciliter le travail des parents, on peut regrouper les CPS en 7 compétences clés à travailler ensemble :
1- Conscience de soi – nommer ses émotions, reconnaître ses forces et ses limites.
2- Régulation émotionnelle – stratégies pour apaiser une émotion intense (respiration, pause, langage).
3- Empathie et compréhension des autres – reconnaître ce que l’autre ressent et pourquoi.
4- Communication efficace – exprimer ses besoins de façon claire et respectueuse (écoute active, phrases en « je »).
5- Résolution de problèmes / prise de décision – identifier un problème, générer des solutions, tester et évaluer.
6- Assertivité et limites – poser des règles claires sans agressivité.
7- Gestion du stress et persévérance – tolérer la frustration, relancer après un échec (le nerf de la guerre pour l’école notamment…)
Ces catégories s’alignent sur les cadres proposés par l’OMS et les agences de santé publique pour la classification des CPS. Elles donnent un guide pour fixer des objectifs d’apprentissage concrets en famille.
Avant de proposer des outils, connectons-nous à nos propres compétences psychosociales. Pendant longtemps, l’éducation a été pensée selon un modèle descendant : il y a ceux qui savent et ceux qui écoutent. Aujourd’hui, on privilégie une posture collaborative fondée sur la co-construction et la valorisation des compétences parentales.
C’est ce que nous faisons depuis 20 ans chez APCOMM lorsque nous proposons :
→ D’évaluer de façon bienveillante : en commençant par utiliser nos propres CPS, en repérant les forces du parent et les situations prioritaires (plutôt que souligner uniquement les « problèmes »).
→ D’aider à fixer des objectifs SMART en proposant des objectifs spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporellement définis (ex. « d’ici notre prochaine rencontre, utiliser 3 fois une stratégie de pause lors d’un conflit »).
→ D’utiliser une pédagogie active par des jeux de rôle, feedback immédiat, répétition en situation réelle.
→ De modéliser et de co-réflechir : Nous encourageons le parent à réfléchir à ses réactions et à tester des alternatives.
→ D’insister sur l’intérêt des petits pas et le renforcement positif en introduisant progressivement des changements et en célébrant les succès.
→ De contextualiser nos suggestions aux besoins des familles : en adaptant les exemples et la langue aux valeurs familiales.
Et enfin de mesurer et suivre : en enregistrant les progrès avec des outils simples (journal, échelle de stress, fréquence d’utilisation d’une stratégie).
Il y en a de nombreuses et de nombreux. Voici un outil à proposer, avec une activité facile et un dialogue à appliquer afin de développer les compétences émotionnelles.
Enseigner la conscience émotionnelle (pour le parent & l’enfant)
Activité « boîte à émotions » : dessiner ou mettre des photos d’expressions, nommer l’émotion en un mot.
→ Dialogue parent : « Je vois que tu as le visage tout serré – j’ai l’impression que tu es en colère ? Peux-tu me montrer avec la main où tu le ressens ? »
But : augmenter le vocabulaire émotionnel et la capacité d’identifier une émotion avant qu’elle n’explose.
Notre formation « Développer vos compétences psychosociales » vous propose de multiples ressources afin de permettre aux parents des prises de conscience et des mises en pratique. Lors de café-parents, de groupe de parole, les outils proposés peuvent permettre la construction de stratégies familiales, de partage d’expériences profitables. Cette collaboration entre parents peut vraiment favoriser la motivation et éviter l’abandon si fréquent lorsque l’on ne se sent pas compétent.
– Nos rythmes de vie nous confrontent au manque de temps. Il nous faut donc viser des « micros pratiques », des « plus petits pas possibles » pour que cela soit viable.
– Les injonctions de la société sont telles, que beaucoup de parents doutent de leurs compétences. L’objectif n’est pas d’être « parfait », comme nous le disons souvent, mais d’être un parent « suffisamment bon », selon la formule de Winnicott.
– Nos propres histoires, ne nous ont pas toujours permis de développer ces fameuses compétences émotionnelles. Une éducation autoritaire, culpabilisante ou évitante ne nous a pas aidé. Il faudra donc prioriser l’auto-soin parental (et professionnel ?) en nous soutenant les uns les autres. Nous devrons probablement apprendre à demander de l’aide, à nous préserver, à nous pardonner et à déculpabiliser.
– Les apprentissages viendront contredire ce que l’on a pu apprendre, notre éducation ou nos valeurs. Il nous faudra alors adapter, s’adapter et changer notre regard.
– Enfin, nos enfants, ceux que nous accompagnons, ne vont pas sauter de joie avec ces nouvelles pratiques et il y aura, bien des fois, de la résistance. L’utilisation du petit pas, de la réparation lorsque cela a dérapé, facilitera la relation et la résilience.
Développer les CPS ne se limite pas à l’enfant, nous l’avons vu. C’est un projet collectif ! Il implique la famille, l’école, les institutions et la société.
Alors oui, développer les compétences psychosociales (CPS) d’un enfant passe presque inévitablement par l’accompagnement des parents : les parents fournissent le modèle, les routines et les opportunités d’apprentissage. Mais nous devons être vigilants et penser co-éducation, car nous n’avons pas tous reçu ce bagage à notre naissance et durant notre enfance. Un accompagnement structuré, non jugeant, centré sur des pratiques simples (conscience émotionnelle, régulation, communication, résolution de problèmes) et adapté au contexte familial, pourra produire des effets bénéfiques mesurables pour l’enfant et le parent.
APcomm propose une formation à destination des professionnels pour qu’ils puissent découvrir les CPS et les développer, en 4 modules.
Cette formation est disponible aussi bien pour les jeunes enfants, les enfants mais aussi les ados.
Le programme de la formation est accessible sur notre site :
Le rapport aux écrans est un thème central dans l’accompagnement parental. De nombreux parents demandent à leurs enfants de limiter leur temps d’écran, tout en ayant eux-mêmes des difficultés à poser leur téléphone, leur tablette ou à réduire le temps passé devant la télévision. Les enfants, eux, observent beaucoup plus qu’ils n’écoutent : ils remarquent vite le décalage entre les paroles et les comportements.
En tant que professionnel, vous pouvez aider les familles à travailler non pas sur la perfection, mais sur la cohérence et la sincérité. Voici cinq pistes à explorer avec les parents.
Il est essentiel d’expliquer aux parents que leur usage des écrans ne fait pas d’eux de « mauvais » parents. La plupart jonglent avec des journées intenses, du stress, et les écrans peuvent leur apparaître comme un refuge.
Le rôle du coach est de normaliser cette difficulté, juste de la reconnaitre avec empathie tout en rappelant que l’important n’est pas d’être irréprochable, mais authentique.
Plutôt que d’imposer aux enfants des règles qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, encouragez les parents à construire un cadre commun. Quelques règles simples, appliquées par tous, suffisent à rétablir la crédibilité parentale :
– Pas d’écrans à table.
– Extinction 30 minutes avant le coucher.
– Téléphones hors des chambres.
Le coach peut inviter les familles à co-construire ces règles et à les formaliser dans une « charte des écrans ».
Un levier puissant consiste à montrer aux parents qu’ils peuvent utiliser leurs propres défis comme modèle éducatif. En verbalisant leurs efforts, ils montrent à l’enfant que la gestion des écrans est une question qui concerne tout le monde.
Exemple à proposer aux parents :
« Je remarque que j’ai du mal à poser mon téléphone le soir. Comme toi, j’ai besoin d’aide pour décrocher. Et si on essayait ensemble d’arrêter à 20h30 et de faire autre chose ? »
Cette sincérité désamorce le rapport de force et transforme la difficulté en apprentissage partagé.
Réduire les écrans sans proposer d’activités de remplacement conduit souvent à l’échec. Les coachs peuvent inviter les familles à identifier des activités simples, accessibles, engageantes et adaptées à l’âge :
– Jeux de société courts.
– Cuisine partagée.
– Lecture ensemble.
– Petite promenade après le dîner.
Ces alternatives permettent d’ancrer de nouveaux rituels familiaux.
Pour rendre la démarche plus motivante, suggérez aux parents de transformer la gestion des écrans en défis collectifs. Les ados, sont souvent plus réceptifs lorsqu’il y a un aspect ludique ou compétitif.
Exemples de défis possibles :
– « Qui a le plus réduit son temps d’écran cette semaine ? »
– « Qui réussit à poser son téléphone dès 20h30 sans le reprendre ? »
– « Qui arrive à tenir un repas entier sans toucher à son appareil ? »
Ces défis renforcent la dynamique familiale et permettent aux parents de montrer qu’ils s’impliquent eux aussi dans l’effort.
Accompagner les parents, c’est aussi les aider à ne pas viser un changement radical immédiat, mais à avancer par paliers.
Exemples de progression :
– Commencer par supprimer les écrans à table.
– Puis instaurer une coupure avant le coucher.
– Enfin, remplacer une soirée télé par une activité familiale.
Chaque étape réussie valorise les efforts, renforce la cohérence et montre à l’enfant que ses parents évoluent eux aussi.
Pour les professionnels de l’accompagnement parental, il s’agit moins d’imposer une vision « idéale » que d’aider les familles à trouver un équilibre réaliste. Les enfants n’attendent pas de leurs parents la perfection, mais de la cohérence, de l’exemple et de l’authenticité.
En soutenant les parents dans cette démarche progressive et bienveillante, vous leur permettez de transmettre une leçon précieuse : apprendre ensemble à mieux gérer les écrans, sans conflit et sans culpabilité.
APcomm propose une formation à destination des professionnels pour qu’ils puissent accompagner les parents sur la question des écrans.
On y parle des jeunes enfants, des enfants mais aussi des ados.
Le programme de la formation est accessible sur notre site :
Prochaine session de 3 jours en présentiel (St Maur des Fossés – proche Paris) : 24-25-26 novembre 2025 et 2/3/4 février 2026
Ah, les écrans… Ces petits rectangles lumineux capables d’hypnotiser un enfant (ou un adulte…) plus vite qu’un magicien avec ses tours !
Les recommandations scientifiques sont claires. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 2019) et l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP, 2016) rappellent qu’un usage excessif peut impacter le sommeil, la concentration et même la santé physique. Alors, quand on décide de limiter les écrans à la maison, on se heurte rapidement à une invitée peu agréable : la frustration.
Et soyons honnêtes, la frustration ne touche pas seulement les enfants… mais aussi les parents. On se surprend parfois à rêver d’un bouton « mise en veille » sur notre progéniture ou sur nous mêmes.
La frustration est une émotion normale qui naît quand un désir n’est pas satisfait. Chez l’enfant, elle peut ressembler à une éruption volcanique ; chez l’adulte, plutôt à un grognement intérieur accompagné d’un « mais pourquoi j’ai eu cette idée de limiter les écrans déjà ? ».
Les neurosciences nous disent que cette réaction est liée au système de récompense du cerveau, notamment la dopamine. Les écrans, avec leurs couleurs vives et leurs récompenses instantanées (le fameux « encore un épisode »), agissent un peu comme des chips : plus on en prend, plus on en veut. Limiter les écrans, c’est dire à un cerveau habitué : « pas de dessert aujourd’hui » (Kühn & Gallinat, 2015). Résultat : éruption volcanique garantie.
On ne le dira jamais assez, accueillir l’émotion d’un enfant : « Je comprends que tu sois frustré » active le cortex préfrontal, cette partie du cerveau qui régule les émotions. C’est un peu comme offrir des lunettes de soleil à quelqu’un qui se plaint du soleil : ça n’éteint pas le soleil, mais ça aide à mieux le supporter (Siegel & Bryson, 2011). Et surtout cela permet à notre enfant d’apprendre à réguler la frustration. Tout bénéf pour le long terme.
Non, remplacer un dessin animé ou un jeu par une partie de Monopoly ou de bazar bizarre n’est pas forcément la meilleure idée si nous tenons à notre santé mentale. Mais proposer une activité courte, engageante et choisie ensemble (« tu veux dessiner ou faire une mini-bataille de coussins ? ») permet de détourner l’attention sans passer pour un dictateur domestique.
Plutôt que de dire « non, pas d’écran », essayons le « oui, » :
– « Oui, tu peux regarder un dessin animé… une fois par semaine comme nous l’avons fixé sur le planning. » (on est d’accord, pour certains d’entre nous, c’est la limite très longue !!!)
– « Oui, tu peux jouer… lorsque nous aurons dîner.»
Ce petit « oui » apaise l’ego, tout en gardant le contrôle, ou en tout cas, tout en apprenant à le garder (Kazdin, 2008)
Car soyons clairs : si nous sommes tendus, l’enfant le sent et réagit au quart de tour. Les études sur la régulation émotionnelle (Gross, 2015) montrent que la respiration profonde, la mise en retrait quelques secondes ou même l’autodérision (« on dirait que tu es en grève des câlins ? ») peuvent réduire le niveau de tension.
La psychologie du bien-être rappelle que l’humour ou l’auto-dérision sont des stratégies efficace pour désamorcer les conflits. Donc, la prochaine fois que notre enfant hurle « mais tout le monde a le droit sauf moi », pourquoi ne pas répondre :
– « Exact, sauf les pandas, et tu sais quoi ? Ils survivent très bien sans tablette. »
– « Mais moi aussi, je voulais passer du temps à scroller mais mes neurones m’ont dit que ça n’était plus possible et qu’il fallait que je fasse une pause »
Cela ne marchera pas toujours, mais au moins, nous nous ferons rire nous-même. Et, surtout, cela détendra l’atmosphère.
Limiter les écrans, c’est aussi donner aux enfants l’occasion d’apprendre la patience, la tolérance à la frustration et la créativité. C’est un peu comme les légumes : ils ne les adorent pas sur le moment, mais à long terme, ça construit des adultes plus solides. Les recherches montrent que la capacité à tolérer la frustration dans l’enfance est corrélée à la réussite scolaire, à de bonnes relations sociales et même à la santé mentale (Mischel et al., 2011). Et bonne nouvelle ! Cela s’apprend mais nous allons devoir mettre la main à la pâte et parfois (souvent ?) travailler sur notre propre frustration.
Gérer la frustration liée à la réduction des écrans, c’est accepter un peu de chaos, de cris et de négociations dignes d’un sommet de l’ONU. Mais en combinant empathie, humour et quelques astuces scientifiques, on peut transformer cette bataille quotidienne en apprentissage… pour l’enfant et pour le parent.
Et si jamais cela devient trop intense… respirons, rappelons-nous que nous sommes les adultes, et répétons ce mantra : « Ce n’est qu’un écran, pas une question de vie ou de mort. » ou encore « Je travaille à la construction de son cortex préfrontal »
Prêt ? Alors let’s go et que la Force soit avec nous !
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On y parle des jeunes enfants, des enfants mais aussi des ados.
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Prochaine session de 3 jours en présentiel (St Maur des Fossés – proche Paris) : 24-25-26 novembre 2025 et 2/3/4 février 2026