Parler de violences éducatives ordinaires (VEO) est souvent délicat. Ces gestes ou paroles — cris, menaces, humiliations, punitions, chantage affectif — sont tellement ancrés dans les pratiques éducatives quotidiennes, qu’ils paraissent “normaux”.
Chez APcomm, nous avons l’habitude de dire : « les parents sont bienveillants et bien maladroits. » Bienveillants car il y a toujours une intention positive au départ. Selon la situation, ils veulent que leur enfant obéisse à une demande, comprenne que son comportement est dangereux, inacceptable.
Maladroits car, pour cela, ils reproduisent souvent des gestes ou des paroles qu’ils ont eux-mêmes reçus enfants car, bien souvent, ils ne savent pas comment faire autrement.
Pourtant, ces VEO peuvent laisser des traces émotionnelles durables chez l’enfant ou l’ado, fragiliser l’estime de soi et nuire à la qualité du lien parent-enfant.
Le professionnel doit accompagner le parent à en prendre conscience, sans le juger ni le culpabiliser.
L’enjeu est d’ouvrir un espace de réflexion sécurisant où le parent pourra regarder ses pratiques autrement et envisager de nouvelles façons de faire.
Avant toute chose, le parent a besoin de se sentir accueilli, compris et respecté.
S’il perçoit du jugement, il se refermera et la discussion deviendra stérile.
L’utilisation de l’écoute active, sans jugement ni moralisation est essentielle.
Cela invite le parent à la réflexion plutôt qu’à la défense.
L’objectif n’est pas de “montrer l’erreur”, mais d’amener le parent à observer ses propres pratiques avec curiosité.
Décaler le regard peut être très précieux. Pour cela, on peut transposer des situations adulte-enfant à des situation adulte-adulte.
Exemples :
Le professionnel demande au parent d’imaginer cette situation : « Vous venez de faire tomber un dossier. Toutes les feuilles sont en désordre sur le sol. Imaginez que votre conjoint ou votre collègue vous disent sur un ton méprisant : Tu n’es vraiment pas doué. Décidément je ne peux pas te faire confiance. Laisse, je vais m’en occuper, c’est préférable ! »
« Que ressentez-vous quand quelqu’un vous parle comme cela »
Il y a de forte chance que le parent réponde : « furieux, triste, incapable etc…
Faire vivre à un adulte ce que ressent un enfant que l’on habille en le bousculant dans tous les sens parfois sans rien dire ou au contraire en criant.
Dans un second temps, le professionnel amène le parent à prendre conscience que ce sont les mêmes phrases ou les mêmes façons d’agir qui sont utilisées par les adultes avec les enfants ou les ados et qu’eux aussi ressentent alors les mêmes émotions et le même sentiment d’être nul.
Mettre en lumière les VEO, c’est d’abord faire bouger les représentations.
Il est essentiel d’aider le parent à comprendre ses intentions éducatives : derrière un cri ou une menace, il y a souvent le besoin d’être écouté, respecté, ou d’obtenir la coopération de l’enfant.
Ce travail de décryptage permet de passer de la culpabilité à la compréhension.
« Ce que vous vouliez, c’était qu’il prenne soin de ses affaires, pas de lui faire peur. » ou encore : « Vous avez besoin qu’il s’habille plus vite pour ne pas être en retard. C’est cela ? »
Quand le parent comprend qu’il agit souvent par épuisement, peur ou impuissance, il devient plus réceptif à des alternatives.
La prise de conscience n’a de sens que si elle s’accompagne d’outils concrets.
Sinon, le parent risque de rester bloqué dans la culpabilité ou le découragement et surtout de reproduire les mêmes gestes et les mêmes messages.
Le professionnel aide le parent à repérer ses réussites et à dédramatiser les rechutes.
Chez APcomm, nous proposons aux professionnels des outils de communication à transmettre aux parents afin qu’ils puissent :
→ Apprendre à se calmer avant de réagir
→ Faire des critiques claires sans jugement
→ Poser un cadre et des limites adaptées à chaque âge
→ Reconnaître ses débordements et restaurer le lien.
Sortir des VEO est un chemin, pas un déclic.
Chaque parent progresse à son rythme en fonction de sa propre histoire. Chaque enfant apprend que l’erreur n’empêche pas la relation et qu’on peut réparer, apprendre, évoluer ensemble.
APcomm propose une formation à destination des professionnels au sujet de l’autorité, afin de mieux comprendre le cadre et la meilleure manière de le faire respecter.
Cette formation est disponible aussi bien pour les jeunes enfants, les enfants mais aussi les ados.
Le programme de la formation est accessible sur notre site :
Il arrive parfois qu’un enfant éclate de rire ou nous regarde en souriant au moment même où nous le grondons. Ce comportement, souvent perçu comme de la provocation, de la moquerie ou un signe d’irrespect, suscite incompréhension et frustration chez l’adulte. Ces situations génèrent souvent une tension : l’adulte tente de faire passer un message d’autorité, tandis que l’enfant semble minimiser la gravité par le rire.
Pour les professionnels de l’accompagnement et pour les parents comprendre les ressorts de ce comportement est essentiel pour réagir de façon approprié. Derrière le rire, il ne s’agit pas toujours d’un défi, mais souvent d’un mécanisme de défense émotionnelle, d’un signe d’insécurité intérieure ou d’une tentative maladroite de régulation.
Découvrons quelques une de ces explications :
Le rire est un signal social ambivalent : il peut exprimer la joie, la gêne, la peur ou encore la tension. Chez l’enfant, il fonctionne souvent comme un régulateur physiologique : un moyen de décharger une émotion trop forte lorsque les mots manquent (Keltner & Bonanno, 1997).
Lorsque nous grondons un enfant, il fait face à un flot d’émotions : honte, culpabilité, anxiété, peur de perdre l’amour ou la considération de l’adulte. Pour certains, ces émotions sont insupportables ; le rire devient alors un comportement d’évitement, un mécanisme de protection automatique.
Selon l’approche de la régulation émotionnelle (Thompson, 1994 ; Cole et al., 2004), les enfants apprennent progressivement à gérer leurs émotions selon le modèle que leur offrent les adultes. Si ces derniers réagissent par colère, ironie ou rejet, l’enfant retient que les émotions désagréables sont dangereuses ou honteuses, et développe des stratégies de défense comme le rire, la fuite ou la dérision.
Retenons donc que…
Le rire d’un enfant réprimandé n’est pas forcément de la provocation. Il peut s’agir d’une réponse émotionnelle inadaptée mais protectrice, traduisant une surcharge affective.
Dans notre quotidien professionnel ou dans notre vie de parent, nous avons appris qu’un enfant qui rit quand on le reprend est forcément : Insolent, moqueur ou sans empathie.
Cette interprétation, est intuitive. Elle repose sur un malentendu émotionnel et des croyances erronées. Plusieurs études (Dix, 1991 ; Spinrad et Eisenberg, 2009) montrent que les adultes tendent à surestimer l’intentionnalité des comportements inappropriés en général et chez les enfants en particulier. Ce biais d’attribution entraîne une escalade : plus l’adulte pense que l’enfant le défie, plus il renforce son autorité ; plus l’enfant se sent incompris, plus il rit ou se ferme.
Le rire peut aussi traduire un embarras social. Les travaux de Paul Ekman (2003) sur les micro-expressions montrent que le rire nerveux peut avoir plusieurs origines : il masque une émotion d’inconfort. Chez l’enfant, ce rire peut survenir lorsqu’il se sent jugé ou exposé.
Prenons un exemple, qui parlera à certains d’entre nous, Léa, 8 ans, rit systématiquement lorsqu’elle est réprimandée à l’école. Les enseignants parlent d’insolence. Lorsque l’on prend le temps d’en parler avec elle, elle dit : « Quand ils crient, j’ai peur. Mais si je ris, j’ai moins mal au ventre. » Le rire est, clairement, ici une stratégie de désactivation émotionnelle.
Le rire face à la réprimande prend racine dans plusieurs dimensions du développement socio-émotionnel.
Pensons toujours à la maturation incomplète du cortex préfrontal
Notre fameux cortex préfrontal, siège du contrôle des impulsions et de la régulation émotionnelle, n’est pleinement fonctionnel qu’à la fin de l’adolescence. Avant cela, nous devrions toujours l’avoir à l’esprit, la capacité à inhiber une réponse émotionnelle automatique (comme le rire nerveux) est limitée (Casey et al., 2008).
Y a t-il un lien avec le type d’attachement ?
Selon Bowlby (1988), l’enfant recherche avant tout la sécurité dans le lien. Si la relation éducative est teintée de peur ou d’imprévisibilité, l’enfant peut adopter des comportements paradoxaux : rire quand il a peur, se montrer « cool » alors qu’il est en détresse. Ces signaux visent à préserver le lien en minimisant l’émotion perçue. C’est également un moyen de se protéger d’une surcharge émotionnelle.
Et qu’en est-il de l’apprentissage social et émotionnel ?
Les recherches sur la socialisation des émotions (Eisenberg, Cumberland & Spinrad, 1998) montrent que les enfants reproduisent les modes d’expression émotionnelle observés chez les adultes. Si le rire est souvent utilisé dans la famille pour désamorcer les tensions, l’enfant peut le mobiliser même dans des contextes inappropriés.
Retenons donc que…
Le rire dans un contexte de discipline est rarement un acte de défi prémédité. Il est souvent le reflet d’un équilibre émotionnel fragile ou d’un modèle relationnel d’évitement. Cela peut faire baisser la pression, non ?
Lorsque nous interprètons le rire comme de la provocation, nous réagissons sur le mode punitif : hausse de ton, retrait de privilèges, menace, voire humiliation. Or, plusieurs travaux (Gershoff & Grogan-Kaylor, 2016) montrent que les pratiques coercitives augmentent la probabilité de comportements problématiques à long terme.
L’enfant, sentant la relation se détériorer, peut alors adopter un profil d’opposition défensive : il rit davantage, non par défi, mais par peur. L’interaction devient un cercle vicieux :
Rire → colère adulte → peur accrue → rire nerveux → punition renforcée.
Il est normal que nous nous sentions déstabilisés sur le plan relationnel, voire disqualifiés dans notre rôle.Mais l’enfant, lui, se sent incompris sans pouvoir s’en expliquer. Cette dynamique érode la sécurité affective, socle pourtant indispensable à tout apprentissage (Pianta, 1999). Cela érode également sa capacité à pouvoir réfléchir sur ses actes et pouvoir corriger ses comportements.
Loin d’être laxiste, les stratégies d’intervention, que nous vous proposons chez APCOMM, doivent viser à désamorcer la tension, préserver la relation et renforcer la régulation émotionnelle. Il n’est pas question de laisser tout faire mais d’apprendre à l’enfant à donner des réponses plus adaptés aux situations.
On va garder le cap sans se laisser entraîner !
Donc rester calme et factuel
Parler lentement, à voix basse, sans ironie. Dire : « Je vois que tu ris, mais je pense que tu es un peu gêné. On va en reparler dans un moment. » Cela évite l’escalade et recentre la scène sur le besoin émotionnel.
Reporter la discussion si nécessaire
Si l’émotion est trop forte, attendre un temps calme. L’enfant doit d’abord retrouver un état physiologique apaisé pour accéder à la réflexion (Siegel, 2012).
Enfin, éviter la honte en publique
La honte déclenche souvent ce type de rire. Éviter de réprimander devant le groupe.
En bref et dans l’instant
→ Neutraliser la pensée piège « et en plus il se moque de moi »
→ Nommer l’émotion que vous voyez : « Tu sembles gêné »
→ Éviter l’ironie ou la menace
→ ne laissez pas orgueil prendre le pouvoir
Une fois le calme revenu, l’échange devient un moment éducatif. L’adulte peut dire : « Tout à l’heure, tu as ri quand je t’ai parlé sérieusement. Qu’as-tu ressenti à ce moment là ? Et moi comment penses-tu que je me suis senti-e ?»
Cet échange, « après coup », nous aide à identifier les émotions qui étaient présentes, nous permet de l’accompagner à trouver d’autres réponses que le rire ou l’évitement, à réparer la relation si elle a été entachée.
C’est tout l’intérêt de la vision de William Glasser et de sa théorie du choix que nous proposons dans nos formation : la responsabilité avant la punition. Il écrivait « on ne peut pas forcer quelqu’un à se comporter autrement, mais on peut lui apprendre les conséquences de ces choix ». Il nous propose de remplacer la punition par des conséquences logiques et naturelles. D’aider l’enfant à évaluer son comportement, à favoriser la réparation et à maintenir la relation. L’éducateur, le parent est une figure de soutien pas de contrôle. La relation de coopération est donc privilégiée à une relation de pouvoir.
Retenons que plus la relation éducative est stable, moins l’enfant aura besoin de se défendre par le rire. Pour cela il est important de :
Selon Gottman (1997), les enfants élevés dans des environnements dits « emotion coaching » développent de meilleures compétences sociales et moins de comportements d’opposition.
En effet, certains enfants rient plus souvent dans les situations de tension ; cette fréquence peut révéler des vulnérabilités particulières. En voici quelques unes :
– l’anxiété ou hypersensibilité émotionnelle
Ces enfants présentent une forte activation physiologique (système sympathique hyperactif). Le rire leur permet de réduire la tension interne.
– les troubles neurodéveloppementaux
Dans le cas du TDAH, du TSA ou de certains troubles du comportement, le contrôle inhibiteur et la perception sociale peuvent être altérés (APA, 2022). L’enfant rit parfois sans percevoir l’impact social de son geste.
– les enfants ayant vécu des insécurités affectives
Les enfants exposés à des environnements instables peuvent adopter des stratégies de contrôle par l’humour ou le rire, pour maintenir un certain pouvoir sur la relation.
Retenons donc que…
Avant d’interpréter un rire comme provocateur, interrogeons-nous sur le contexte : tempérament, histoire de vie, niveau de stress et environnement.
Pour finir et pour résumer, le rire d’un enfant au moment d’être grondé n’est pas un signe de légèreté ou de défi, mais un signal de déséquilibre émotionnel. Derrière cette réaction paradoxale se cache souvent un enfant débordé, cherchant à se protéger.
Et… en y réfléchissant bien… lorsque quelqu’un nous agresse ou que nous avons cette impression n’avons nous pas les mêmes réflexes ?
Notre défi consiste à décoder plutôt qu’à juger, à accompagner plutôt qu’à punir. Adoptons une posture de discipline éducative fondée sur la relation, la régulation et la responsabilité. Cela permettra à nos enfants de grandir dans un cadre à la fois ferme et sécurisant.
APcomm propose une formation à destination des professionnels au sujet de l’autorité, afin de mieux comprendre le cadre et la meilleure manière de le faire respecter.
Cette formation est disponible aussi bien pour les jeunes enfants, les enfants mais aussi les ados.
Le programme de la formation est accessible sur notre site :
Rebâtir un lien de confiance, là où l’autorité a laissé des traces
Il arrive dans votre foyer avec sa valise, son regard méfiant ou trop sage, son silence ou ses tempêtes. Il est petit, mais il a déjà connu bien des adultes. Des adultes qui criaient au lieu d’expliquer. Qui punissaient au lieu d’encadrer. Qui imposaient sans négociation, et parfois frappaient pour se faire entendre. D’autres étaient absents, incohérents, ou passaient d’un extrême à l’autre : rigides un jour, permissifs le lendemain.
Dans son monde, l’autorité n’a pas été un point d’appui, mais une menace. Elle était imprévisible, source d’angoisse, de confusion, de peur, parfois de honte. Alors il a appris à se méfier. À se défendre, à se cacher, à provoquer. Ou au contraire à se taire, à se suradapter pour éviter de déranger.
Lorsqu’il arrive dans une famille d’accueil, ce n’est pas seulement un nouveau lieu qu’il découvre. C’est une autre manière d’être adulte à laquelle il va être confronté. Et cette différence, aussi sécurisante soit-elle, peut d’abord… l’inquiéter.
Ce qu’il a appris, ce n’est pas la règle. C’est l’arbitraire.
Il sait qu’un “non” peut vouloir dire “je t’ignore”, “je te punis”, “tu n’as pas de valeur”. Il sait qu’une consigne peut cacher un piège, un changement d’humeur, ou un rejet à venir. Il sait aussi qu’obéir peut parfois déclencher de la colère, et désobéir… de la violence.
Alors, quand vous posez un cadre clair, il peut :
→ se braquer, vous défier, exploser : “Tu veux me contrôler, toi aussi.”
→ fuir, se faire tout petit : “Moins je parle, moins je prends de risques.”
→ tester sans cesse : “Jusqu’où puis-je aller sans être rejeté ?”
Vous dites “ici, les adultes ne frappent pas”, mais il n’est pas sûr de vous croire. Vous répétez calmement une règle, et il se met à hurler. Vous posez une limite, et il se referme. C’est que pour lui, l’autorité est encore associée à la douleur, pas à la sécurité.
Dans un tel contexte, accompagner l’enfant, ce n’est pas “reprendre les choses en main”. C’est lui permettre de découvrir, dans l’expérience vécue, qu’un adulte peut contenir sans dominer. Qu’une règle peut protéger sans écraser. Qu’on peut dire non… sans faire mal.
Cela prend du temps, parfois beaucoup. Il faudra répéter, expliquer, rester stable face aux tempêtes. Il faudra encaisser parfois sans se rigidifier, poser sans se crisper, accueillir sans se dissoudre.
Mais dans cette constance douce, l’enfant fera une découverte fondatrice : l’adulte n’est pas son adversaire. Il est un repère. Un socle. Quelqu’un qui tient bon… pour lui.
🌱 1. Dire les règles — et leur donner un sens
Ne jamais supposer que l’enfant “devine” ce qu’on attend de lui. Chez lui, les règles changeaient avec l’humeur des adultes.
Il a besoin qu’on lui explique calmement :
“Ici, les adultes ne frappent pas. Quand on est en colère, on en parle.”
“On se lave les mains avant de manger : c’est une règle pour prendre soin de soi.”
“Ce n’est pas pour te punir, c’est pour t’aider à te sentir en sécurité.”
🔁 2. Être cohérent… sans être rigide
Les enfants blessés par l’autorité testent. Pas par provocation, mais par survie.
Ce qu’ils veulent savoir : “Est-ce que tu vas tenir bon ? Est-ce que tu vas exploser ? Est-ce que tu vas m’abandonner ?”
Il faut tenir les limites, tout en acceptant que l’enfant ne les accepte pas tout de suite. Ce n’est pas une question d’obéissance : c’est une histoire de confiance, qui ne se construit que dans la répétition.
🧘♀️ 3. Accueillir les émotions sans les juger
La frustration, chez lui, n’est pas une simple contrariété. C’est parfois une angoisse de rejet, une alerte de danger. Il peut crier, se débattre, insulter.
Votre rôle : être un contenant stable, pas un adversaire.
“Tu es en colère, et tu as le droit. Je suis là. Tu peux t’exprimer sans casser. Je t’écoute.”
🤝 4. Réparer sans humilier
Quand il dépasse les bornes, ce n’est pas l’humiliation qui l’aidera. Il a besoin d’apprendre que l’erreur n’efface pas le lien.
“Ce que tu as fait n’était pas acceptable, mais moi, je reste. Et on va réparer ensemble.”
Vous ne transformerez pas son passé. Mais vous pouvez transformer sa mémoire relationnelle. Chaque fois que vous tenez bon sans crier. Chaque fois que vous l’écoutez sans juger. Chaque fois que vous posez une limite sans menace. Vous déconstruisez, doucement, l’idée qu’il s’est faite des adultes.
Et alors, petit à petit, il pourra :
→ s’autoriser à dire ce qu’il ressent sans exploser,
→ accepter une règle sans croire qu’elle le menace,
→ oser faire confiance,
→ et, parfois, vous dire simplement : “Merci. Je sais que tu ne vas pas partir.”
Reconstruire un lien de confiance avec un enfant abîmé par une autorité violente ou incohérente demande du temps, de la patience… et des repères professionnels solides. Comment poser des limites sans rapport de force ? Comment rester ferme sans être dans la menace ? Comment sécuriser un enfant qui teste, qui rejette, qui craint les règles autant qu’il en a besoin ?
C’est tout l’objectif de notre formation « Donner un cadre solide et sécurisant aux enfants », pensée pour les professionnel·les de l’enfance, les assistant·es familiaux·les, les éducateur·rices et les équipes accompagnant des enfants en situation de fragilité.
Au programme :
→ Comprendre ce que vit un enfant confronté à des ruptures d’autorité
→ Poser un cadre sans punir ni céder
→ Réagir aux oppositions sans s’épuiser
→ Adopter une posture ferme et contenante, sans rigidité
📚 En savoir plus :
Accompagner un enfant blessé par l’autorité, c’est :
✔ Reconnaître que son opposition est une mémoire, pas un caprice
✔ Poser un cadre explicite, stable, prévisible
✔ Accueillir les émotions sans sanctionner le ressenti
✔ Réparer sans chantage, construire sans punir
✔ Offrir un lien qui dure, même quand l’enfant le met à l’épreuve
Parce qu’un jour, il pourra dire : “Chez moi, les règles ne faisaient plus peur. Elles m’ont aidé à grandir.”
On parle de surexposition quand un tout-petit (moins de 6 ans) est régulièrement exposé à des écrans (TV, tablette, smartphone…) plusieurs heures par jour, souvent sans cadre, ni interaction humaine. Selon les études, une enfant de 2 ans passe 1h/jour devant un écran. C’est déjà beaucoup mais on ne parlera pas de surexposition. Le changement de registre intervient à partir de 4 ou 5 heures/jour : on parle alors de ce que les professionnels appellent le syndrome d’exposition précoce aux écrans.
Les effets ?
La surexposition aux écrans interfère avec les besoins fondamentaux du tout-petit et provoque :
🔹 Retard de langage (parce que Dora, même bilingue, ne remplace pas une vraie conversation).
🔹 Troubles de l’attention (passer de Baby Shark à Pat’Patrouille en 0,3 secondes, ça n’aide pas à se concentrer). Une maman sur quatre déclare qu’elle utilise son portable pendant les temps d’échange avec son bébé et que ça modifie la qualité des échanges visuels
🔹 Troubles de la motricité fine et de la coordination Une étude française dirigée par Anne-Lise Ducanda (2017) a observé chez des enfants surexposés aux écrans une régression des compétences de manipulation : ils ne savaient plus tourner une clé, faire des puzzles simples ou empiler des cubes. Cela montre un déficit de l’intelligence pratique, directement liée aux manipulations d’objets concrets.
🔹 Agitation, repli, maladresses gestuelles, voire comportements évoquant à tort des troubles du spectre autistique.
🔹 Désintérêt pour les jeux relationnels (jouer à faire semblant d’être papa ou maman ? Non merci, l’écran est plus prévisible).
Ce phénomène de surexposition inquiète – à juste titre – les parents et les professionnels.
🧠 Bonne nouvelle : « Oui, on peut revenir à la normale »
Les enfants ne sont pas des machines cassées par les écrans, Leur cerveau est plastique. Cela signifie qu’il est malléable, et encore plus avant 6 ans. En supprimant ou en limitant fortement les écrans, les progrès peuvent être spectaculaires :
« Il s’est remis à parler »,
« Il sourit à nouveau »,
« Il rejoue avec ses cubes »…
Des phrases entendues dans bien des cabinets de professionnels formés chez APcomm.
👉 Observer sans culpabiliser : l’objectif n’est pas de les pointer du doigt, mais de les aider à comprendre.
👉 Redonner la priorité aux besoins essentiels de leur enfant :
✳️ Le regard
– Un bébé grandit dans le regard de l’adulte. Ces échanges doivent être nombreux car ce sont eux qui permettent au bébé de développer sa capacité d’attention volontaire (différent de l’attention réflexe générée par l’écran)
– L’échange yeux dans les yeux est une réponse adaptée, sécure, intense et qui participe à l’attachement.
✳️ La parole
Un écran ne parle pas en « mamalangue » (cette manière intuitive qu’a un adulte de parler au bébé). C’est pourtant essentiel pour l’enfant développe son langage.
En plus, les neurones miroirs dans nos zones motrices font que lorsque l’on parle, l’autre a envie de parler. Comme quand on voit quelqu’un bailler. Devant l’écran, ces neurones miroirs ne s’activent pas sauf si le parent est à côté et répète les mots.
✳️ La manipulation d’objets en 3D
Manipuler est essentiel. Un écran plat n’a ni pâte à modeler, ni odeur de sable mouillé. Or sans manipulation, pas de développement sensorimoteur harmonieux. C’est aussi l’accès au 3D qui va lui permettre de développer sa vision en relief. Il pourra ainsi estimer les distances, coordonner sa main et son œil dans l’espace, construire son repère corporel. Avec les écrans, rappelons nous que les images sont « plates » sans perspective réelle.
✳️ Le mouvement, le moteur du développement.
De 0 à 3 ans, l’enfant explore le monde avec son corps.
Bouger stimule :
– la coordination motrice (marcher, sauter, ramper…)
– la régulation émotionnelle (par l’activité physique)
– les connexions neuronales (neuroplasticité)
Une étude publiée dans Frontiers in Psychology (2018) a montré que le mouvement physique stimule les fonctions exécutives (attention, mémoire de travail, inhibition), toutes nécessaires pour les futurs apprentissages scolaires.
Un outil qui fait plait aux parents : le sac de Mary Poppins
Plutôt que de dégainer le smartphone dans la salle d’attente, on encourage les parents à préparer un sac d’objets attrayants :
🧸 un doudou,
🎶 une petite boîte à musique,
📦 quelques cubes,
🐒 une peluche préférée,
🧩 un petit puzzle…
Bref, tout ce qui peut occuper, rassurer et reconnecter.
Non, les écrans ne sont pas le mal absolu. Mais pour un enfant de moins de 6 ans, ils sont souvent un faux ami. Le vrai besoin, c’est l’adulte. En chair, en os, en voix, en regard, et parfois… avec une girafe Sophie dans la poche.
Vous voulez aller plus loin, être formé sur toutes les tranches d’âge
APcomm propose une formation à destination des professionnels pour qu’ils puissent accompagner les parents sur la question des écrans.
On y parle des jeunes enfants, des enfants mais aussi des ados.
Le programme de la formation est accessible sur notre site : https://apcomm.fr/formation-accompagner-les-parents-sur-la-question-des-ecrans/
Prochaine session de 3 jours en présentiel (St Maur des Fossés – proche Paris) : 24-25-26 novembre 2025 et 2/3/4 février 2026
« Encore un enfant qui chipote ! » C’est une réflexion qu’on peut être tenté de se faire quand un enfant refuse de manger. Et pourtant, ce n’est peut-être pas si simple.
En effet, un enfant qui refuse de manger n’est pas forcément en train de tester notre patience ni d’imposer sa loi à la tablée. Il exprime peut-être – de la seule manière qu’il connaisse – une émotion primaire : le dégoût.
Eh oui. Le dégoût, au même titre que la peur ou la colère, fait partie des six émotions fondamentales présentes dès la naissance. Il joue un rôle vital : nous protéger des dangers, en particulier alimentaires. D’ailleurs, les femmes enceintes connaissent bien ce phénomène – elles le vivent parfois de manière exacerbée, et ce n’est pas un bug de la nature, c’est une forme d’auto-protection contre les intoxications.
Mais attention, ce n’est pas qu’une réaction réflexe à une odeur suspecte. Le dégoût est aussi un puissant vecteur de construction de soi. Il marque les limites : ce que je rejette, ce que je ne veux pas en moi, ce que je trouve inacceptable. D’ailleurs, il peut être aussi bien physique que moral. C’est une émotion à forte charge symbolique.
Et ça commence tôt. Très tôt.
Dès la diversification, les enfants montrent des réactions très contrastées :
Rassurez-vous : tout cela est normal. Universel même. Tous les bébés ont une préférence innée pour le sucré (besoin d’énergie) et un rejet instinctif de l’amer ou de l’acide (risque d’empoisonnement par les plantes). Et à cela s’ajoute leur sensibilité individuelle aux textures, aux odeurs, à la température des aliments… un vrai cocktail sensoriel.
Vers 2 ans, c’est l’entrée dans la célèbre phase du « NON ». Traduction à table :
C’est la néophobie alimentaire, un passage obligé du développement.
Elle culmine entre 3 et 4 ans, puis s’atténue après 8 ans.
⚠️ Mauvaise nouvelle : c’est pile l’âge de la crèche et des premières frustrations côté pros.
Mais ce refus n’est pas un affront. C’est un besoin de contrôle, un « c’est moi qui décide » qui fait pleinement partie de leur construction psychique.
Voici quelques idées pour les accompagner sans (trop) s’arracher les cheveux :
Chez APcomm, on vous propose une formation entièrement pensée pour les professionnels de la petite enfance. On y explore :
– Les émotions fondamentales (dont le dégoût),
– Le développement du cerveau du tout-petit,
– L’écoute active et la posture de l’adulte,
– La question de l’alimentation, des blocages, des refus… et des outils concrets pour accompagner sans forcer.
Parce que savoir parler ne veut pas dire savoir communiquer… surtout quand on est face à un tout-petit avec une cuillère pleine de purée de carotte dans la main.
Inscrivez-vous dès maintenant pour découvrir nos formations : https://apcomm.fr/formation-petite-enfance/
L’été arrive. Enfin ! Les cartables vont (enfin) disparaître sous une pile de serviettes de plage. Et vous, vous avez peut-être prévu de souffler un peu, de lâcher prise… Mais pas trop quand même.
Alors posons les choses.
👉 Oui, l’été c’est le moment de lâcher du lest.
👉 Non, ce n’est pas forcément le moment de laisser tout partir à vau-l’eau.
L’enjeu, c’est de savoir sur quoi on peut relâcher la pression, et ce qui reste non négociable pour que les vacances ne virent pas à la colocation infernale.
Posez-vous 10 minutes (avec un café glacé ou un mojito, selon votre seuil de fatigue) et demandez-vous :
Qu’est-ce qui est essentiel pour que je tienne le coup et que notre cohabitation reste à peu près civilisée ?
Quelques exemples :
Ce sont vos balises de sécurité. Celles qu’on ne renégocie pas quelque soit la saison.
Il y a des règles qui peuvent être assouplies pendant les vacances. Et devinez quoi ? Ça fait du bien à tout le monde. Car nous aussi, nous avons besoin de décompresser.
Exemples de règles à renégocier pour l’été :
Petit outil express made in APcomm :
Prenez une feuille, tracez deux colonnes :
➡️ Je tiens bon sur quoi ?
➡️ Je lâche du lest sur quoi ?
Faites l’exercice seul ou avec votre conjoint. Et informez votre ado en amont des vacances.
Ce n’est pas parce qu’on est en vacances qu’on oublie tout.
Mais ce n’est pas non plus parce qu’on est parent qu’on doit tenir tout seul la barre d’un paquebot en pleine tempête hormonale.
L’été peut être un super terrain de jeu relationnel : pour tester d’autres formes de dialogue, pour réinitialiser la relation, et pourquoi pas… pour rire ensemble.
Bon vent pour cet été !
Et si vous voulez aller plus loin, nos conférences comme “Mon ado et moi : mode d’emploi”ou “L’estime de soi, un super pouvoir pour grandir” sont disponibles toute l’année, même en version webinaire.
➡️ www.apcomm.fr
À bientôt,
L’équipe APcomm 🌻
« Savoir parler ne veut pas dire savoir communiquer »… même en tongs.
Hello chers lecteurs
Nous avons reçu un email d’une de nos participantes à l’atelier « Parents d’ado ». Son fils va partir cet été en séjour linguistique et c’est une grande aventure, pour lui … et sa maman.
Cela nous a donné une idée d’article, à partager avec tous les parents
Partir à l’étranger pour la première fois est une grande étape, tant pour votre enfant que pour vous en tant que parent. Qu’il s’agisse d’un voyage scolaire, d’un séjour linguistique ou d’une expérience au pair, cette aventure peut susciter excitation, appréhension et parfois un peu de stress. Voici des conseils pratiques pour préparer cette expérience et accompagner votre enfant dans cette nouvelle découverte.
Le voyage scolaire est souvent la première expérience à l’étranger pour votre enfant. Voyager en groupe avec ses camarades et des enseignants offre un cadre rassurant, mais cela peut aussi soulever des inquiétudes.
Ce que vous pouvez faire :
Un séjour linguistique est une opportunité idéale pour améliorer ses compétences dans une langue tout en vivant une immersion culturelle. Cette expérience demande une plus grande adaptation, notamment si votre enfant vit chez une famille d’accueil.
Ce que vous pouvez faire :
Partir au pair est une étape engageante qui demande beaucoup de maturité. Votre enfant vivra dans une famille étrangère, s’occupera d’enfants et contribuera à la vie quotidienne.
Ce que vous pouvez faire :
En conclusion, qu’il parte pour une semaine ou plusieurs mois, votre enfant reviendra transformé de cette première expérience à l’étranger. Votre rôle en tant que parent est de le préparer, de le rassurer et de lui faire confiance pour affronter cette aventure. Ces moments, bien que parfois angoissants, sont aussi des opportunités uniques pour renforcer sa confiance en lui et créer des souvenirs inoubliables.
Les vacances approchent, et avec elles revient le grand débat annuel : doit-on donner des devoirs à nos enfants pendant les grandes vacances ou pas ?
À quoi servent-ils exactement ? À consolider les acquis de l’année passée, c’est un fait. À prévenir l’oubli de ce qui a été vu durant l’année pour éviter ce que l’on appelle le « décrochage estival ». C’est effectivement important, car sans répétition, pas de mémorisation durable. À préparer la rentrée, surtout pour les élèves qui changent de cycle à la fin du CM2 ou de la 3ᵉ. Enfin, à maintenir une certaine routine permettant de garder un lien avec les apprentissages.
Les effets positifs ne sont pas négligeables :
Mais les effets négatifs existent aussi… surtout pour les élèves en difficulté.
Lorsque l’année a été difficile, générant beaucoup de stress et de surcharge cognitive, les vacances sont attendues comme un moment de repos et de détente en famille. Les devoirs de vacances sont alors perçus comme une punition. C’est encore plus vrai lorsque l’enfant se retrouve seul face à son cahier pendant que ses frères, sœurs ou ami·e·s continuent à s’amuser. Réviser sans encadrement, sans retour, est démotivant pour beaucoup. L’enfant aura alors tendance à bâcler son travail, rendant l’exercice peu efficace, voire contre-productif, en renforçant son aversion pour les apprentissages scolaires.
Et pourtant… il est nécessaire de continuer à entraîner « le cerveau » de nos petits (et grands) pendant les vacances. Mais pour cela, il n’est pas nécessaire de recréer l’école à la maison ni de s’arracher les cheveux sur un problème de mathématiques d’un cahier de vacances. Non, il existe plein de façons de stimuler nos fonctions cognitives autrement.
Au primaire et au collège : jouer !
Oui, jouer. C’est par le jeu que l’on apprend le mieux. Et les vacances sont idéales pour cela. Après le repas de midi, pour passer un moment calme en famille, ou en fin d’après-midi pour amorcer la soirée, tout est possible.
En fonction de l’âge des enfants, de nombreux jeux éducatifs existent : jeux de mathématiques, de déduction, casse-tête, jeux de lettres et de mots, de grammaire, de géographie ou d’histoire, puzzles ou jeux pour développer les habiletés sociales… Les ressources ne manquent pas. De nombreux sites spécialisés proposent un large choix selon les besoins et les envies.
Ces jeux ont l’avantage de faire travailler les fonctions cognitives… sans en avoir l’air ! Et parfois, ils nous mettent nous-mêmes à l’épreuve, car nous découvrons que nos connaissances ne sont pas toujours à jour. Quel bel effet d’entraînement pour l’enfant, qui nous voit apprendre ou réviser en même temps que lui ! Rien de plus enrichissant que de voir les adultes faire des essais, se tromper et recommencer.
Les vacances sont l’occasion idéale pour instaurer des temps de lecture (pour toute la famille, bien sûr). Une demi-heure après le repas, le soir avant de se coucher, ou quand vous voulez, après tout ! La lecture développe le langage, améliore la syntaxe, stimule la mémoire, l’attention, la concentration. Elle favorise les capacités de raisonnement, permet de structurer sa pensée, de faire des liens logiques, d’argumenter… Et elle stimule aussi la créativité et l’imagination.
Et si vous tenez à revoir quelques notions scolaires, donnez-en peu, mais régulièrement. Adaptez l’activité au niveau de l’enfant, et choisissez des supports ludiques. Si vous avez utilisé les flashcards pendant l’année, une dizaine de cartes par jour suffira.
Il n’est jamais bon de refaire « l’école » à la maison. Et n’oubliez pas : quelques minutes suffisent.
Pour beaucoup d’enfants, faire des devoirs « pour faire des devoirs » n’a aucun intérêt. Ils ne comprennent pas à quoi cela peut servir. Il est donc plus judicieux de leur proposer des activités qui mobilisent leurs connaissances… tout en en développant d’autres.
Quelques exemples concrets :
Les sujets sont inépuisables.
Autre ressource précieuse pour cet été : « Génie toi-même ! » un livre pour apprendre à penser, à développer sa créativité et sa flexibilité mentale autrement. Alors, prêt pour des vacances “remue-méninges” ?
Les vacances de nos enfants devraient être un savant mélange d’encouragement à l’apprentissage, sans nuire au repos, à la motivation ni au plaisir d’apprendre.
Bonnes vacances !
La comparaison ? Oui, un vrai poison !
Nous avons tous en mémoire une petite remarque entendue lorsque nous étions petits : « Ta sœur, elle range sa chambre, elle ! » ou « Si tu travaillais plus, comme ton frère… ».
Elles nous font encore mal. Et parfois, être arrivé à l’âge adulte n’a rien changé : nos parents sont toujours dans le mode comparaison.
Faisons le tour des cinq principaux effets négatifs :
l’atteinte à l’estime de soi, la compétition entraînant jalousies et rivalités, le sentiment d’injustice, les étiquettes, et enfin, le sentiment de ne pas être aimé. Oui, les conséquences peuvent être lourdes.
Dès les années 90, la recherche a montré que les familles où l’on pratique la comparaison ont des relations plus tendues, et que le bien-être psychologique des enfants y est moindre.
Les comparaisons sont une atteinte à l’estime de soi. Elles nuisent à notre image et peuvent contribuer à développer un sentiment d’infériorité. C’est souvent ainsi que naissent nos croyances sur nos manques de compétences.
Précisons d’abord que la rivalité est tout à fait normale dans les familles durant l’enfance. Cela répond à un besoin d’attention de l’enfant, à une compétition naturelle et aux difficultés de la petite enfance à réguler les émotions telles que la jalousie ou à résoudre les conflits.
Nous l’avons tous vécu dans nos familles respectives. Lorsqu’elle est bien gérée, elle aide à apprendre la négociation, la régulation des émotions et le respect des limites.
Quand cela devient-il problématique ?
Lorsqu’elle est constante, intense, violente et favorisée par un traitement inéquitable, dont les comparaisons font partie. Les comparaisons nourrissent la compétition dans la famille et génèrent de la rivalité pour obtenir l’attention ou l’approbation des parents, ou de la jalousie envers l’enfant supposé privilégié.
Nos enfants sont très sensibles à l’équité. Nous avons tous entendu cette petite phrase :
« C’est pas juste, il en a plus que moi ! »
Une comparaison répétée va entraîner chez l’enfant l’impression que l’amour ou la reconnaissance de son parent est conditionnelle. Cela provoque généralement de la frustration, et parfois du ressentiment envers les parents et/ou la fratrie.
Quant aux étiquettes – dont nous avons déjà parlé dans un autre article – elles figent l’enfant dans un rôle et deviennent souvent des prophéties auto-réalisatrices.
Tout comme les comparaisons :
« Si tu pouvais être aussi ordonnée que ton frère… » revient à dire :
« Tu es désordonnée. »
Même si ce n’est pas l’intention, bien sûr, nos comparaisons compromettent le lien d’attachement, la confiance en l’amour inconditionnel de nos parents.
Lorsque je dis :
« Si tu pouvais être aussi ordonné que ton frère », ou « Si ta sœur y arrive, pourquoi pas toi ? »,
je laisse entendre que l’autre est plus aimable, que si nous étions comme lui, nous serions plus aimés.
Quel stress relationnel !
En résumé :
La comparaison alimente la compétition au détriment de la coopération, le mal-être à la place du bien-être, les conflits à la place du lien. Et cela aura un impact durable sur nos vies en société.
Osons communiquer autrement :
• ✅ Comparons l’enfant à lui-même et non aux autres :
« Tu as réussi à ranger tes affaires avant le dîner ce soir, bravo. »
Cela valorisera ses efforts et renforcera son autonomie.
• ✅ Décrivons les faits plutôt que de juger :
« Je t’ai entendu dire bonjour en entrant dans la boulangerie aujourd’hui. C’est très poli. »
Cela met en lumière le comportement attendu et augmente les chances de le voir se reproduire.
• ✅ Valorisons les qualités uniques de nos enfants :
« Ce que j’aime chez toi, c’est ton sens du détail. »
« Tu as réussi à finir dans les temps, et pourtant c’était difficile. Quelle persévérance et ténacité ! »
On permet ainsi à l’enfant de se sentir vu et apprécié tel qu’il est. Il peut s’auto-féliciter et se concentrer sur ses forces.
• ✅ Utilisons des encouragements spécifiques :
« Quand tu as fait ceci, cela m’a vraiment aidée, et je t’en remercie. »
« Je suis fière de toi parce que tu as su apaiser la situation alors que tout le monde s’énervait. Et tu peux l’être aussi. »
On développe ainsi la motivation interne.
• ✅ Encourageons la coopération !
Créons des tâches d’équipe, apprenons-leur à s’entraider, à se répartir les tâches. Ranger la cuisine, faire le ménage, organiser une activité… toutes les situations peuvent être de bonnes occasions.
Il faudra juste veiller à ce que le plus dynamique ne fasse pas tout le travail. Ce sera l’objet d’un autre billet !
• ✅ N’oublions pas de créer des moments privilégiés avec chacun de nos enfants…
Une fois par semaine, une sortie avec un seul enfant.
Un temps exclusif pour se sentir unique, écouté, valorisé.
Et bien sûr, durant ce moment privilégié, seule la valorisation sera acceptée ! Pour les reproches… il faudra choisir un autre moment.
Pour aller plus loin…
Parfois, même en communiquant autrement, nos enfants se sentiront mal aimés.
Il nous faudra de la patience et de la persévérance, à nous aussi.
Pourquoi ne pas participer à notre atelier « Jalousie, conflits, rivalités » ?
Des prises de conscience amusantes, des outils pour développer nos compétences émotionnelles, une communication plus efficace, et surtout : des échanges entre parents pour mieux vivre ces moments souvent difficiles.
Programmez un rendez-vous téléphonique avec Sandrine : elle vous expliquera tout, tout, tout ce que vous devez savoir pour participer à un atelier.
Lors de nos ateliers pour les parents concernant les disputes, « Rivalités et jalousie entre enfants », les parents nous font part de leur désarroi et incompréhensions face aux disputes dans leurs fratries.
Nous espérons que vous pourrez bientôt suivre l’un de ces ateliers. D’ici-là, nous avons décidé de partager avec vous certains éclairages sur ce sujet passionnant.
Les disputes entre enfants, particulièrement au sein de la fratrie, sont souvent source d’inquiétude et de frustration pour les parents. Pourtant, ces conflits sont une part naturelle et essentielle du développement. Ils permettent aux enfants d’apprendre à gérer leurs émotions, à s’affirmer et à trouver leur place dans leurs relations. Cependant, face à la répétition des querelles ou leur intensité, les parents peuvent se sentir débordés, voire coupables, se demandant s’ils ont raté quelque chose dans leur éducation.
Les disputes entre enfants peuvent sembler anodines, mais elles révèlent souvent des besoins ou des tensions sous-jacentes. Par exemple :
Par exemple, un aîné qui s’oppose systématiquement à un cadet peut manifester son besoin de réaffirmer son statut, surtout après l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille. Nicole Prieur, dans son livre « Grandir avec ses enfants » explique que ces conflits permettent à chaque enfant de négocier et redéfinir sa place dans la fratrie, un processus indispensable au développement.
Ne pas surréagir : Face à une dispute, il est essentiel d’évaluer la gravité avant d’intervenir. Si les enfants ne risquent pas de se blesser, laisser le conflit suivre son cours peut leur permettre d’apprendre à gérer leurs différends. Cependant, lorsque les tensions s’intensifient, l’intervention parentale devient nécessaire.
Encadrer sans juger : Plutôt que de prendre parti, aidez les enfants à verbaliser leurs besoins. Par exemple : « Je vois que tu es très en colère parce que ton frère a pris ton jouet. Peux-tu lui expliquer ce que tu ressens ? » Ce type d’intervention favorise l’expression des émotions et encourage la recherche de solutions.
Donner des outils pour résoudre les conflits : Proposez des stratégies de résolution telles que :
Favoriser l’estime de soi : Assurez à chaque enfant qu’il est aimé pour lui-même et valorisez ses qualités uniques. Par exemple, dites : « J’aime beaucoup ta patience avec ton petit frère » ou « Je suis fière de voir que tu as partagé ce jouet sans que je te le demande. »
Créer des moments de complicité : Proposez des activités qui renforcent les liens, comme des jeux coopératifs où les enfants doivent travailler ensemble pour atteindre un objectif commun. Ces expériences positives peuvent réduire les rivalités et créer des souvenirs heureux.
Instaurer des rituels individuels : Passez du temps seul avec chaque enfant pour lui donner un espace d’expression exclusif. Cela peut être une promenade, une lecture ou un projet commun. Ces moments renforcent leur sentiment d’être vus et écoutés.
Transformer le conflit en opportunité
Les disputes entre enfants ne sont pas seulement des moments de tension ; elles sont aussi des opportunités pour apprendre, grandir et renforcer les liens familiaux. Mais pour pouvoir accompagner nos enfants au mieux, il est nécessaire d’avoir quelques outils et bons réflexes.
Si vous êtes un parent, sachez qu’il existe des ateliers dédiés à ce sujet. Si vous êtes un professionnel qui accompagne les parents, c’est peut-être le moment de venir vous former auprès d’Apcomm. En individuel ou en groupe, vous disposerez alors d’exercices « clé-en-main » pour les soutenir face à cette question des conflits.