Parler de violences éducatives ordinaires (VEO) est souvent délicat. Ces gestes ou paroles — cris, menaces, humiliations, punitions, chantage affectif — sont tellement ancrés dans les pratiques éducatives quotidiennes, qu’ils paraissent “normaux”.
Chez APcomm, nous avons l’habitude de dire : « les parents sont bienveillants et bien maladroits. » Bienveillants car il y a toujours une intention positive au départ. Selon la situation, ils veulent que leur enfant obéisse à une demande, comprenne que son comportement est dangereux, inacceptable.
Maladroits car, pour cela, ils reproduisent souvent des gestes ou des paroles qu’ils ont eux-mêmes reçus enfants car, bien souvent, ils ne savent pas comment faire autrement.
Pourtant, ces VEO peuvent laisser des traces émotionnelles durables chez l’enfant ou l’ado, fragiliser l’estime de soi et nuire à la qualité du lien parent-enfant.
Le professionnel doit accompagner le parent à en prendre conscience, sans le juger ni le culpabiliser.
L’enjeu est d’ouvrir un espace de réflexion sécurisant où le parent pourra regarder ses pratiques autrement et envisager de nouvelles façons de faire.
Avant toute chose, le parent a besoin de se sentir accueilli, compris et respecté.
S’il perçoit du jugement, il se refermera et la discussion deviendra stérile.
L’utilisation de l’écoute active, sans jugement ni moralisation est essentielle.
Cela invite le parent à la réflexion plutôt qu’à la défense.
L’objectif n’est pas de “montrer l’erreur”, mais d’amener le parent à observer ses propres pratiques avec curiosité.
Décaler le regard peut être très précieux. Pour cela, on peut transposer des situations adulte-enfant à des situation adulte-adulte.
Exemples :
Le professionnel demande au parent d’imaginer cette situation : « Vous venez de faire tomber un dossier. Toutes les feuilles sont en désordre sur le sol. Imaginez que votre conjoint ou votre collègue vous disent sur un ton méprisant : Tu n’es vraiment pas doué. Décidément je ne peux pas te faire confiance. Laisse, je vais m’en occuper, c’est préférable ! »
« Que ressentez-vous quand quelqu’un vous parle comme cela »
Il y a de forte chance que le parent réponde : « furieux, triste, incapable etc…
Faire vivre à un adulte ce que ressent un enfant que l’on habille en le bousculant dans tous les sens parfois sans rien dire ou au contraire en criant.
Dans un second temps, le professionnel amène le parent à prendre conscience que ce sont les mêmes phrases ou les mêmes façons d’agir qui sont utilisées par les adultes avec les enfants ou les ados et qu’eux aussi ressentent alors les mêmes émotions et le même sentiment d’être nul.
Mettre en lumière les VEO, c’est d’abord faire bouger les représentations.
Il est essentiel d’aider le parent à comprendre ses intentions éducatives : derrière un cri ou une menace, il y a souvent le besoin d’être écouté, respecté, ou d’obtenir la coopération de l’enfant.
Ce travail de décryptage permet de passer de la culpabilité à la compréhension.
« Ce que vous vouliez, c’était qu’il prenne soin de ses affaires, pas de lui faire peur. » ou encore : « Vous avez besoin qu’il s’habille plus vite pour ne pas être en retard. C’est cela ? »
Quand le parent comprend qu’il agit souvent par épuisement, peur ou impuissance, il devient plus réceptif à des alternatives.
La prise de conscience n’a de sens que si elle s’accompagne d’outils concrets.
Sinon, le parent risque de rester bloqué dans la culpabilité ou le découragement et surtout de reproduire les mêmes gestes et les mêmes messages.
Le professionnel aide le parent à repérer ses réussites et à dédramatiser les rechutes.
Chez APcomm, nous proposons aux professionnels des outils de communication à transmettre aux parents afin qu’ils puissent :
→ Apprendre à se calmer avant de réagir
→ Faire des critiques claires sans jugement
→ Poser un cadre et des limites adaptées à chaque âge
→ Reconnaître ses débordements et restaurer le lien.
Sortir des VEO est un chemin, pas un déclic.
Chaque parent progresse à son rythme en fonction de sa propre histoire. Chaque enfant apprend que l’erreur n’empêche pas la relation et qu’on peut réparer, apprendre, évoluer ensemble.
APcomm propose une formation à destination des professionnels au sujet de l’autorité, afin de mieux comprendre le cadre et la meilleure manière de le faire respecter.
Cette formation est disponible aussi bien pour les jeunes enfants, les enfants mais aussi les ados.
Le programme de la formation est accessible sur notre site :