« Je lui dis ça pour qu’il comprenne », « C’est pour son bien », « Je ne fais que lui dire la vérité »…
Nombreux sont les parents qui, sans mauvaise intention, utilisent des mots ou des remarques qui peuvent, au fil du temps, entamer profondément l’estime de soi de leur enfant. Ces petites phrases du quotidien – parfois automatiques, parfois héritées – peuvent être vécues comme des critiques, des humiliations ou des jugements, même si elles ne sont pas proférées avec agressivité.
Pour le professionnel de l’accompagnement, il s’agit ici d’un terrain délicat : comment sensibiliser le parent sans le culpabiliser, et surtout comment l’amener à une prise de conscience, sans provoquer une fermeture défensive ?
Rabaisser ne veut pas dire insulter. Bien souvent, les remarques qui blessent le plus ne sont pas les plus violentes, mais les plus répétées :
→ « Tu ne fais jamais attention »
→ « Tu es toujours dans la lune »
→ « Tu n’es pas fait pour ça »
→ « Regarde ta sœur, elle au moins… »
Ces mots, banals en apparence, deviennent des messages identitaires négatifs quand ils se répètent : l’enfant n’entend plus une remarque sur un comportement, mais une définition de lui-même.
Or, pour se construire, un enfant a besoin de se sentir vu, respecté, et capable de changer.
Quand un parent rabaisse sans en avoir conscience, il ne s’agit pas d’un manque d’amour mais souvent d’un manque d’outils, d’une histoire éducative personnelle marquée ou d’une fatigue émotionnelle.
Le rôle du pro est alors d’ouvrir des fenêtres d’observation :
→ Aider le parent à entendre ses propres mots (“Que dit votre enfant quand vous lui parlez comme ça ? Que comprend-il selon vous ?”)
→ Proposer des alternatives de reformulation : transformer une critique en constat, un jugement en observation, un reproche en demande.
→ Travailler sur la différence entre dire ce qu’on ressent et coller une étiquette à l’enfant.
Exemple :
❌ « Tu es égoïste » → ✔️ « J’ai été déçue que tu n’aies pas pensé à ta sœur à ce moment-là
❌ « Tu es nul en maths » → ✔️ « Tu sembles découragé, mais tu peux progresser avec de l’entraînement »
Ce type de problématique – la prise de conscience des maladresses ordinaires, les effets des paroles parentales, la construction d’une autorité soutenante – est au cœur de notre formation socle à l’accompagnement à la parentalité.
Cette formation s’adresse à tous les professionnels souhaitant :
→ développer une posture éducative respectueuse et ajustée,
→ mieux comprendre les besoins de l’enfant derrière les comportements,
→ affiner leur écoute et leur manière d’intervenir auprès des parents sans jugement ni culpabilisation.
Elle offre des clés concrètes, des outils d’animation et des apports théoriques essentiels pour intervenir avec justesse sur des sujets sensibles comme celui-ci.