L’étiquetage des troubles neurodéveloppementaux (TND), peut (aussi) mettre nos enfants en difficulté

Avant de parler étiquetage et enfant porteur d’un trouble neurodéveloppemental (Dys, TDA/H, TSA…) définissons un peu le concept de l’étiquette.


Une étiquette peut être négative ou positive. Dans les deux cas, elle enferme l’enfant ou la personne visée dans un rôle. Elle provient des parents, de la famille, des enseignants, des animateurs, d’autres enfants ou personnes que nous croisons tout au long de notre vie.

deux enfants qui se font pointer du doigt

Les étiquettes négatives

Elles peuvent s’installer par le biais de surnoms. « Viens ici mon petit microbe », « Il veut quoi le chiard ?», « Ahh, mon petit mollusque se réveille », « mon casse-cou » ou encore « petit monstre » sont des surnoms donnés dans un premier temps avec affection. 

Prenons l’exemple de la « casse-cou » : Lou a été active dans son berceau et depuis quelques temps, campée sur ses petites jambes, elle essaie de sortir de son lit et tombe souvent. Nous allons, dans un premier temps, lui dire « mais quelle casse-cou cette petite crapule » avec affection. Et bien sûr, la tendance va s’accentuer, nous faisant dire un jour « tu es vraiment une casse-cou » sous-entendu « tu es vraiment inconsciente » ou plus exactement « tu es vraiment insupportable ! ». L’étiquette est installée et nous avons probablement contribué au développement de ce comportement qui nous fera vivre bien des moments stressants.

Parfois, l’étiquette n’est pas mignonne dès le départ. Elle commence directement par de petits mots blessants, humiliants, dévalorisants comme : « que tu es maladroite ! », « Mais qu’il est beta celui-là », « que tu es lent », « qu’elle est fainéante » ou encore « quel menteur ». Souvent dit sous le coup de l’agacement ou de la colère, l’enfant se retrouve vite enfermé dans un rôle dont il se serait bien passé. Et ce comportement inadéquat pourra, malheureusement, se transformer en trait de caractère.


En bref, en famille ou à l’école, les étiquettes sont bien pratiques pour trouver une explication rapide à une situation qui nous échappe, mais abîment durablement les futurs adultes qui nous entourent.

Les étiquettes positives

Elles sont, en apparence, bien plus sympathiques et pourtant tout aussi délétères. « Tu es ma princesse », « C’est l’humoriste de la famille », « Il est très responsable, je peux m’appuyer sur lui », « Elle est brillante ! ». Ces phrases sonnent doux à nos oreilles, mais installent, hélas, une charge sur les épaules de celle ou celui qui les reçoit. Cette charge peut néanmoins se transformer en anxiété. Un enfant qui est « très responsable » prendra sans doute des responsabilités qui ne sont pas de son âge. Une enfant dite « brillante » vivra avec plus de stress de mauvaises notes ou considérées comme telles (un 14 au lieu d’un 19…).

Mais en quoi cela pourrait-il mettre nos enfants porteurs de TND encore plus en difficulté ?

Lorsque nous trouvons enfin une explication aux difficultés de nos enfants, par le biais d’un diagnostic comme dyslexique, dysorthographie, Trouble déficitaire de l’attention…, nous sommes soulagés de pouvoir nommer la difficulté et pouvoir donner cette explication aux enseignants (même si, souvent, ce sont eux qui nous ont demandé de faire appel à des professionnels pour des bilans.)

Alors où est le problème ? Tout d’abord, il y est bien légitime que nous cherchions une solution pour aider nos enfants. Les diagnostics sont d’une grande aide pour nous permettre de mieux les accompagner. Ils peuvent, cependant, se transformer en piège s’ils se transforment en étiquette. Souffrir de dyslexie est un trouble qui affecte nos apprentissages, pas l’ensemble de notre personnalité. Or, on entend souvent les enfants, parents et/ou professeurs dirent : « il est dyslexique », « il est TDA/H ». Eux-mêmes se présentent ainsi. Et c’est alors qu’arrive l’étiquette. 

Cette étiquette peut avoir un effet néfaste sur les capacités d’apprentissage, la concentration ou encore la motivation. Dire « tu es dyslexique, tu ne peux pas être une bonne lectrice » est une étiquette. Dire « tu es TDA avec H, c’est normal que tu sois agité et que tu n’arrives pas à te concentrer » est une étiquette. 

L’enfant, comme pour les autres étiquettes, devient le problème. Il devient difficile d’apprendre à lire, à se concentrer, à trouver des astuces pour rester assis, etc…

Alors que faire ?

jeunes enfants debout se posant des questions

Peut-être pourrions-nous dire à partir d’aujourd’hui : « Julie a une dyslexie ? », « Carl à un trouble déficitaire de l’attention avec hyper activité ? » Et peut-être pourrions-nous leur donner des pistes pour apprendre à se concentrer, à lire, à se retenir. Peut-être pourrions-nous accueillir leurs difficultés tout en les guidant car ces troubles n’empêchent pas d’apprendre à faire (selon l’intensité), mais demande simplement plus de temps, d’énergie. Pensons à Daniel Pennac, dyslexique, grand écrivain plusieurs fois primé. Ou Olivier Revol et Michel Cymes porteur d’un TDA/H déclarés qui ont deux ont réussi médecine. 

Bien sûr, pas de baguette magique, surtout quand la génétique est facétieuse. Mais l’environnement que nous créons autour de nos enfants reste fondamental. Une bonne occasion de créer des espaces sécurisants qui permettent à nos enfants de se développer dans de meilleures conditions. Favorisons la lecture, la découverte, la créativité. Permettons-leur de faire des activités où ils réussissent lorsque l’école ne leur permet pas. Rassurons-les lorsque la frustration est trop grande et qu’ils ne voient rien venir. Apprenons-leur à développer leurs compétences psychosociales et à ne pas se focaliser sur les émotions négatives. Tout ne se joue pas à l’école. On a toute une vie pour « réussir ».

Prenons soin de nous !

Oui, prenons soin de nous, pour mieux prendre soin d’eux et devenir des parents chercheurs. Charge mentale supplémentaire me direz-vous ? Non, c’est l’occasion, justement, d’apprendre à réguler ensemble le stress et les émotions. Une aubaine, non ?

Chez APCOMM nous pensons que nous pouvons accompagner la motivation de nos enfants en « dysfficulté » en communicant autrement avec eux et en leur apprenant à persévérer. Nos formations donnent un panel d’outils impactants afin de vous accompagner aux mieux sur cette longue route vers l’autonomie et l’indépendance. Contactez-nous pour de plus amples informations.